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#1 23-07-2006 16:12:33

Sweeney Todd
2. Diablotin(e)
Inscription : 13-06-2006
Messages : 38

La folle hurle à la mort : désaccord total

Voici quelque temps, j'avais émis l'hypothèse que le roman de Robert-Georges Méra, "La mort aux vifs", pouvait bien être le premier bouquin réellement "gore" paru en France - en tout cas, de ceux que j'ai lus - et l'on m'avait alors parlé du livre de Raymond Fauchet, "La folle hurle à la mort", qui date de 1934 et qui parut dans la collection "Détective".

Ayant lu autrefois quelques-unes des aventures de Monsieur du Biquet, le "héros" de cet auteur, et aucune d'elle ne m'ayant particulièrement frappé, même à quatorze ou quinze ans, j'étais assez sceptique, mais comme j'ai vu un peu plus tard une annonce sur eBay qui proposait ce bouquin, je l'ai donc acheté, et je viens de le lire.

C'est à se demander si nous parlons bien de la même chose, en ce qui concerne le gore. Pour moi, cinématographiquement par exemple, ce sont les films d'Herschell Gordon Lewis dans les années soixante, et leur nombreuse descendance. Dans la littérature populaire, il y a eu "La mort aux vifs", et bien plus tard, la collection "Gore" du Fleuve Noir, avec des romans de qualité variable, mais incontestablement "gore".

Rien de tel dans le roman de Fauchet. La description d'un cadavre, peut-être, mais qui n'occupe que quelques lignes, et ensuite, une page décrivant une certaine cuisine. Mais rien de plus effrayant que dans "L'auberge sanglante de Peyrebeilhe", par exemple, paru presqu'un demi-siècle auparavant, ni même que dans "Le petit Poucet". Ou encore que dans certaine aventure de Rouletabille en Russie, "Le château noir", avec ses terribles oubliettes aux puits hérissés de crochets où restent accrochées de malheureuses victimes qui agonisent lentement...

Pire encore, "La folle hurle à la mort" est un mauvais roman, totalement bâclé, écrit avec les pieds (en comparaison, Marcel Allain, c'est Stendhal...), truffé de phrases interminables et à ce point biscornues qu'il faut une ou deux re-lectures pour tenter de les déchiffrer. Le héros est ridicule (et décrit sans le moindre talent, on est loin du Hercule Poirot d'Agatha Christie, auquel il pourrait faire penser...), l'action sans le moindre intérêt, malgré un début assez prometteur, bref, une totale déception.

Dernière modification par Sweeney Todd (23-07-2006 16:14:25)

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#2 29-07-2006 18:03:08

Dave O'Brien
[•°•°•] Abonné absent
Inscription : 31-03-2005
Messages : 3 386

Re : La folle hurle à la mort : désaccord total

Ben m... alors, si ce n'est pas gore, tout ça :

«la victime était un homme replet, en effet, mais dont on pouvait dire que les bouffissures de chair étaient provoquées plus par la putréfaction que par un état de santé. Des vers qui grouillaient impétueusement autour des yeux et qui commençaient à sortir de la bouche grande ouverte, indiquèrent à ces messieurs la limite de leur sensibilité. Ils s’enfuirent raisonnablement, c’est-à-dire de façon que chacun d’eux ne se laissât suspecter de défaillance.» [p. 13]

«Le cadavre de Troussin s’étalait nu sur le tapis qui avait absorbé une partie de son sang; une blessure béante, qui partait du ventre jusqu’aux côtes, mettait à nu l’organisme du malheureux. Ses intestins, qui avaient dû être trifouillés, s’épandaient hors de l’abdomen, ils traînaient le long du corps en bourrelets spiroïdaux; des portions de viscères jetées sur la poitrine ajoutaient à la confusion de cette éventration. Des caillots noirs comme de petites éponges collaient sur une peau assombrie par un sang sec. La tête du mort, penchée contre l’épaule, portait à la base du crâne une plaie atroce, des morceaux de cervelle s’éparpillaient tout autour, collant les cheveux, se superposant sur des masses sanguinolentes.» [p. 37]

«L’épouvante commençait à faire chanceler l’esprit du petit monsieur, un cri s’étrangla dans sa gorge; là, sous le banc, il apercevait une tête humaine, aux paupières closes, qu’un rictus de la bouche rendait hilare; son cou bavait des caillots sanguinolents. Alors, ses yeux écarquillés s’arrêtèrent davantage sur la viande. La pièce était une boucherie, mais une boucherie de chair humaine. Il voyait que ce qu’il avait pris pour d’inoffensives entrecôtes, c’était le thorax hâché d’un homme; ce qu’il prenait pour un gigot, une cuisse. Les découvertes se précisaient : là, c’étaient des mains; là, encore un bras; ici, des mollets; plus loin, une paire de fesses sciées habilement; là-bas, une brochette de rognons était un enfilage de reins, et dans ce tonneau où il se penchait apeuré, poussé par la folie ambiante, de la graisse humaine s’empilait salée, des doigts à moitié décomposés en indiquaient la provenance.» [pp. 104/105]

«Il se passa alors quelque chose d’absolument ignoble. Pendant que tout son esprit, tous ses muscles, tous ses muscles se tendaient frémissants pour s’évader, pendant qu’il luttait contre l’huis, une tête à moitié décomposée, lancée à toute volée, vint s’écraser au-dessus de la sienne, contre la porte; des particules de pourriture giclèrent de tous côtés, empuantissant l’atmosphère, cependant que cette tête tombait à terre, s’écrasant un peu plus en un bruit mat.» [p. 163]

«Le grand étranger, en proie à un délire d’invraisemblable malfaisance, traînait par les cheveux la vieille sorcière, sans se soucier ni de ses piaillements ni de ses agitations, en tonitruant : «Haïe, dada ! Haïe, dada ! Jé vé té faire sauter dans le néant. Haïe, dada !» Et comme la mécanique qui se trouvait dans la gorge de la vieille grinçait assourdissante, il lui empoigna ses débris de seins, lui fit tournoyer autour du visage en lui criant, sans toutefois pouvoir retenir une bave qui souillait son col : «Hume ça ! Hume ça ! Hue, cocotte !» [p.175]

«Des crânes, qui étaient la partie la plus pesante du squelette, avaient roulé au bas du tas, jusqu’au mur opposé, se chevauchant, s’entremêlant de toutes parts et de toutes sortes d’os humains, formaient un petit monticule. On y pouvait remarquer les thorax dentelés aux impressionnantes rayures de vide dans lesquelles se croisaient des côtes flottantes et des vertèbres accrochées. Des sacrums s’écrasaient sur des péronés, des cubitus fraternisaient avec des os iliaques, des rotules roulaient entre des radius et des tibias, les petits os des mains, sembables à des pattes de grenouilles, se glissaient sur des sternums hospitaliers.» [p. 197]

Dernière modification par Dave O'Brien (29-07-2006 18:03:46)

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